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Surveillance épidémiologique
et circuit de l’information sanitaire
Le cadre institutionnel de la surveillance épidémiologique
des maladies est régi au Mali par plusieurs textes réglementaires,
dont (1) la Décision du 07 janvier 1997 relative à la surveillance
épidémiologique, (2) le Décret du 10 juillet 1997 portant
création du comité permanent de gestion des épidémies,
(3?4) deux lois du 20 juillet 1998 régissant le contrôle sanitaire
aux frontières, la lutte contre les épidémies et les
vaccinations obligatoires contre certaines maladies.
Depuis 1999, le Mali a adopté la stratégie de gestion des
épidémies basée sur le système de surveillance
épidémiologique intégrée des maladies transmissibles
(SMIR). Pour cela, plusieurs phases ont été suivies : (1)
évaluation du système national de surveillance épidémiologique
en 2000, (2) élaboration d’un plan stratégique national
(2001-2005), (3) élaboration d’un guide technique national
de surveillance intégrée de la maladie et riposte (2002) et
(4) élaboration de modules génériques de formation
du personnel.
Dans le cadre de cette surveillance intégrée, 22 maladies
sont ciblées : les maladies (1) à potentiel épidémique
( choléra, shigellose, rougeole, méningite, paludisme, fièvre
jaune, fièvre hémorragique virale) (2) à éradiquer
( poliomyélite, dracunculose ), (3) à éliminer (lèpre,
tétanos maternel et néonatal, trachome), (4) qui constituent
un problème important de santé publique (pneumonie enfants
<5 ans, VIH/Sida, onchocercose, IST, trypanosomiase, tuberculose, hépatite
B, diarrhée enfants < 5 ans, schistosomiase, filariose lymphatique).
Toute fois, seule les maladies à potentiel épidémique
(rougeole, méningite, choléra, paralysies flasques aiguës,
dysenterie bacillaire (shigellose), tétanos néonatal, le paludisme
et fièvre jaune) sont actuellement sous surveillance régulière
à tous les niveaux du système de santé.
Au niveau central :
La coordination de l’ensemble du système repose sur la Direction
Nationale de la Santé (DNS) à travers la Division Prévention
et Lutte contre la Maladie (DPLM) et l’Unité Planification,
Formation et Information Sanitaire (UPFIS).
La Section Surveillance Epidémiologique (SSE) relève de la
DPLM. Son personnel est constitué de 5 médecins (chef de section,
point focal PFA, chargé des Urgences et Catastrophes ; chargé
des maladies transmissibles, un médecin d’appui chargé
de l’élaboration du bulletin de rétro information )
et de 2 assistants médicaux assurant la gestion des données.
La SSE est responsable de la collecte et de l’analyse des données
de la surveillance épidémiologique sur une base quotidienne,
hebdomadaire et mensuelle à partir des régions et des structures
nationales, notamment, les hôpitaux nationaux et Institut National
de Recherche en Santé Publique (INRSP), qui abrite le laboratoire
national de référence pour le diagnostic de fièvre
jaune. Les données font ensuite l’objet de saisie, de traitement,
d’analyse sur des outils informatiques (Excel, EpiInfo, Health Maper),
d’interprétation et de division au Ministère de la Santé,
à l’OMS et sont archivées au niveau de la SSE.
L’UPFIS est responsable de la collecte et de l’analyse des données
curatives et des activités de prévention des centres de santé
et des cercles sanitaires sur une base trimestrielle. L’analyse de
ces données est faite par le groupe de gestionnaires de données
qui travaille également sur les données de la surveillance
intégrée.
Depuis la mise en place de la stratégie du SMIR, le chargé
de l’information sanitaire de l’UPFIS collabore étroitement
avec le SSE de la DPLM, notamment sur l a validation des informations recueillies
par les deux structures.
Au niveau régional :
La division régionale de la santé est subdivisée en
3 unités : l’unité « surveillance épidémiologique
», l’unité « lutte contre la maladie » (s’occupant
de maladies ciblées, lèpre, tuberculose, onchocercose et VIH/Sida)
et l’unité « santé de la reproduction ».
La division « planification des activités sanitaires et surveillance
» comprend une unité « système d’information
sanitaire ».
L’unité « surveillance épidémiologique
» reçoit les données quotidiennes, hebdomadaires et
mensuelles du système de surveillance épidémiologique.
Alors que l’unité « système d’information
» reçoit les données sanitaires trimestrielles, une
compilation trimestrielle des données de surveillance épidémiologique
et des données de l’unité « lutte contre la maladie
».
L’hôpital régional de Kayes n’intervient pas directement
dans la surveillance épidémiologique. En effet il s’agit
d’une structure spécialisée qui ne devrait pas recevoir
de consultations externes. En fait l’hôpital reçoit effectivement
des consultations externes, il est donc tenu de notifier à l’unité
« surveillance épidémiologique » de la direction
régionale tous les cas de maladies ciblées par le système
de surveillance. D’autre part, ces statistiques sanitaires sont incluses
dans les rapports régionaux trimestriels.
Au niveau du District :
Un point focal pour le système de surveillance épidémiologique
est présent au niveau du centre de référence. Il est
supervisé par un médecin d’appui. Le point focal a en
charge la collecte, la compilation et l’analyse des données
quotidiennes (en cas d’épidémie) ou hebdomadaires (hors
épidémie) fournies par les centres de santé de 1er
échelon grâce à un réseau RAC (Réseau
Administratif de Communication). Il est chargé de retransmettre immédiatement
ces informations au niveau de la région, par téléphone,
de réaliser des synthèse hebdomadaires et de les envoyer à
la région par RAC, de saisir les données sur un ordinateur,
de réaliser des synthèses mensuelles sur des supports papier
transmis mensuellement à la région et de réaliser sur
place, l’analyse de ces données et leur restitution au niveau
du centre de santé de référence.
Un point focal pour le système de surveillance sanitaire est également
présent au niveau du centre de référence. Il est aussi
supervisé par un médecin d’appui. Ce point focal a en
charge la collecte et la compilation des rapports trimestriels d’activités
transmises par les centres de santé de 1er échelon, sur supports
papier. Chaque trimestre, il doit compiler les données, de l’ensemble
des centres de santé de 1er échelon et les données
de centres de santé de référence puis saisir ces données
sur ordinateur en utilisant le logiciel DESAM (Développement Sanitaire
du Mali), un logiciel élaboré spécifiquement pour la
saisie et l’exploitation des données de surveillance sanitaire
au Mali. IL doit également vérifier la cohérence de
ses données avec celles recueillies par le système de surveillance
épidémiologique et par le système de surveillance du
PEV.
Enfin, un point focal pour le système de surveillance du PEV complète
le système de surveillance. Supervisé par un médecin
d’appui, il a en charge la collecte mensuelle des informations concernant
les maladies cibles du PEV, des informations concernant la couverture vaccinale
dans le cadre du PEV ainsi que celles concernant la surveillance de la chaîne
de froid.
Au niveau communautaire :
Les dirigeants communautaires et les relais communautaires ayant reçu
une formation sur le diagnostic de certaines maladies doivent notifier à
la formation sanitaire la plus proche, la survenue des cas de maladies,
de décès et de tous phénomènes inhabituels.
Ils peuvent également participer aux investigations épidémiologiques
et à la lutte contre les épidémies avec les agents
de santé.
Les responsables des structures sanitaires parapubliques et les agents de
santé des aires non fonctionnelles doivent non seulement notifier
immédiatement la survenue des cas de maladies ciblées mais
aussi transmettre mensuellement à la structure sanitaire de 1er échelon
la plus proche les données de surveillance sanitaire.
Le responsable de la structure sanitaire de 1er échelon (CSCom, CSAR)
est chargé de collecter les données épidémiologiques
concernant les maladies ciblées par le système de surveillance
épidémiologique dans son aire de santé et dans les
aires de santé non fonctionnelles de son arrondissement. En période
épidémique, il sollicite l’envoi d’une équipe
du centre de référence pour organiser une investigation et
effectuer les prélèvements. Tout au long de l’alerte,
il est chargé de communiquer chaque jour au centre de santé
de référence le nombre de cas et de décès dans
le cadre de la surveillance épidémiologique. Le cas échéant
il doit notifier « zéro cas ». Hors des périodes
épidémiques, il doit notifier ces informations sur un rythme
hebdomadaire. Tous les mois, il fait un bilan de ces informations sur un
support papier.
En ce qui concerne les données du système d’information
sanitaire, le responsable de la structure sanitaire compile mensuellement
les données sanitaires des aires de santé non fonctionnelles
de son arrondissement et celles concernant ses propres activités.
Chaque trimestre, il envoie au centre de santé de référence
ces données mensuelles regroupées par trois mois, sur un support
papier.
En outre, il établit de façon mensuelle :
- Un rapport concernant les cas de maladies ciblées par le PEV
- Un rapport concernant les activités de vaccination dans le cadre
du PEV
- Un rapport concernant le fonctionnement de la chaîne de froid.
- Des rapports concernant des maladies ciblées par des programmes
de lutte spécifiques dans son aire de santé (onchocercose,
dracunculose, lèpre …).
Ainsi on peut estimer globalement que le système de surveillance
des maladies repose sur 2 systèmes parallèles et complémentaires
:
- L’un travaillant « à chaud » : le système
de surveillance épidémiologique, basé sur le recueil
quotidien (en cas d’épidémie) ou hebdomadaire (hors
période épidémique) d’informations ciblées
sur un petit nombre de maladies (8) et utilisant des modes de communication
« rapides » (RAC, téléphone).
- L’autre travaillant « à froid » : le système
de surveillance sanitaire, basé sur le recueil trimestriel d’un
large panel d’informations (morbidité, activités, etc.)
et utilisant des modes de communication plus lents (supports papier souvent)
Les efforts de validation sont réalisés à tous les
niveaux du système de surveillance pour vérifier la cohérence
des informations fournies par les deux systèmes.
Enfin, un troisième système utilisant la collection de l’information
dans le cadre du PEV est un moyen complémentaire de validation.
Il est à noter que certains programmes nationaux effectuent leur
propre surveillance avec leurs méthodes de collecte des données
et leurs canaux de transmission (onchocercose, dracunculose, lèpre,
…)
Autres activités :
- L’analyse des données recueillies, l’évaluation
des activités de surveillance épidémiologique, de préparation
et réponse aux épidémies, identification des problèmes
de surveillance et de la proposition des actions visant à les résoudre,
sont des activités qui doivent être réalisées
à tous les échelons du système de surveillance.
- Les équipes du cercle et de la région doivent organiser
les enquêtes sur le terrain lorsqu’une épidémie
est suspectée, assurer l’acheminement dans les délais
requis des échantillons au laboratoire national de référence
et la notification des résultats.
- Les équipes du cercle de la région et du niveau central,
outre les activités d’appui, de supervision et de la coordination,
doivent assurer la rétro information au niveau de la région,
du district et du cercle, sur une base mensuelle (pour les données
épidémiques), trimestrielles, semestrielles et annuelles pour
les données sanitaires.
- Les équipes nationales doivent aussi mobiliser les ressources nécessaires
à la mise en œuvre de la stratégie nationale de surveillance
intégrée des maladies transmissibles, de préparation
et réponse aux épidémies, rendre compte au Ministre
de la Santé des étapes d’exécution de cette stratégie
et évaluer sa mise en œuvre.
Traditionnellement, en plus de l’Etat, certains partenaires au développement
appuient sur le plan technique et matériel la Surveillance Epidémiologique.
Il s’agit de la coopération Canadienne (à travers des
projets de surveillance épidémiologique intégrée)
de l’OMS et du CDC d’Atlanta.